A lire sous le manteau…

Il y a des livres vers lesquels on se dirige avant même d’avoir lu leur résumé. Une couverture, un titre, une atmosphère suffisent à éveiller notre curiosité. C’est ce qui m’a attirée vers La librairie des livres interdits de Marc Levy. Sa très belle couverture parle immédiatement aux amoureux des livres et de ces librairies dans lesquelles on aimerait passer des heures à flâner.

Publié en novembre 2024 aux éditions Robert Laffont et Versilio, ce roman mêle amour, injustice et liberté de lire. Marc Levy y raconte le parcours d’un libraire partagé entre l’envie de régler ses comptes avec le passé et la possibilité de construire une nouvelle histoire. Une manière d’aborder la censure à travers une aventure humaine, avec ses blessures et ses contradictions.

Pour tout vous avouer, je lis assez peu de romans écrits par des hommes. Cette lecture apportait donc un changement dans mes habitudes, et j’ai aimé découvrir une manière de raconter qui m’a semblé différente de celle des romans que je lis habituellement. Difficile de dire si cela tient à la plume de Marc Levy, au personnage principal ou à l’histoire elle-même, mais ce décalage ne m’a pas déplu, bien au contraire.

Et puis, il y a cette promesse de librairie. Je m’imagine souvent ces belles librairies anciennes que l’on voit dans les séries américaines, avec leurs rayonnages pleins d’histoires et cette atmosphère qui donne envie de s’y attarder toute une journée. Dans la réalité, je finis généralement chez Payot ! Cela ne m’empêche pas de rêver à ces lieux, et la couverture du roman a tout de suite fait écho à cet imaginaire.

On y rencontre Mitch, un libraire qui a passé cinq années en prison pour avoir vendu des livres interdits. À sa sortie, il souhaite retrouver sa librairie et reprendre le cours de sa vie. Mais son chemin croise à nouveau celui du procureur qui l’a fait condamner. Le même jour, il rencontre Anna, une jeune cheffe qui pourrait donner une tout autre direction à son avenir. Entre le désir de vengeance et la possibilité d’aimer, son nouveau départ s’annonce plus compliqué qu’il ne l’espérait.

Ce qui rend cette situation intéressante, c’est que la liberté retrouvée ne suffit pas à effacer ce qui a été vécu. Mitch peut sortir de prison sans être pour autant débarrassé de sa colère. Son personnage pose ainsi une question qui dépasse largement le cadre du roman : comment avancer lorsque l’on a le sentiment qu’une injustice n’a pas été réparée ? Le lecteur peut comprendre son besoin de réparation tout en se demandant quelle place celui-ci laissera au reste de sa vie.

La construction de l’histoire repose sur cette tension. D’un côté, le procureur ramène Mitch à ce qu’il a perdu. De l’autre, Anna représente la possibilité de vivre quelque chose de nouveau. Ces deux rencontres orientent notre attention vers les choix du personnage : que fera-t-il de cette liberté qu’il vient de retrouver ? C’est une façon de donner une dimension intime à un récit qui aborde aussi une question collective, celle de pouvoir lire et penser librement.

La place des livres donne au roman une résonance particulière. Pour quelqu’un qui aime lire, imaginer être privé de certaines histoires touche à un plaisir très personnel. Mais l’enjeu va plus loin : choisir ses lectures, c’est aussi pouvoir découvrir des expériences différentes des siennes, rencontrer des idées et se faire sa propre opinion. La librairie peut alors se lire comme le symbole de cette ouverture, un lieu où chacun vient chercher quelque chose sans savoir exactement ce qu’il trouvera.

C’est aussi ce qui fait le lien avec ma pharmacie littéraire. Nous cherchons parfois dans les livres du réconfort, une échappée ou les mots qui nous manquent. Ils peuvent également nous amener vers des points de vue auxquels nous sommes moins habitués. À ma petite échelle, cette lecture a justement été l’occasion de sortir un peu de mes habitudes et d’apprécier une autre manière de raconter.

J’ai aimé La librairie des livres interdits, qui m’a d’abord attirée par sa couverture avant de me faire découvrir une histoire différente de mes lectures habituelles. Derrière l’imaginaire accueillant de la librairie se trouvent des questions sur la colère, l’amour et ce que l’on choisit de faire après une épreuve. Un roman à découvrir pour son attachement aux livres, mais aussi pour cette interrogation qu’il laisse ouverte au fil des pages : comment donner une chance à l’avenir lorsque le passé réclame encore notre attention ?

L’ordonnance

Pour accompagner La librairie des livres interdits, je vous prescris :

Une tassée de thé noir à la bergamote, pour accompagner cette parenthèse de lecture et de réfelxion.

Une bougie aux notes boisées, la bougie Bois d’Ébène de chez Hello Candle, pour retrouver un peu de l’atmosphère de ces anciennes librairies dans lesquelles on rêve de s’attarder.

Un duvet bien chaud, à lir au lit avant de dormir quand la routine du soir est terminée.

À prescrire lorsque : Vous avez un fort besoin de justice, qu’une rancœur vous empêche d’avancer ou que vous cherchez comment tourner la page sans avoir le sentiment de laisser l’injustice gagner.

Précision importante : cet article n’est pas sponsorisé. Le livre et les produits mentionnés ont été achetés par mes soins.

Lien pour la bougie et le livre :

https://www.hellocandle.com/shop/bois-d-ebene-bougie-parfumee-519#attribute_values=2

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