Il y a des livres que l’on aime sans qu’ils deviennent nos préférés. Des histoires que l’on suit avec plaisir, dont on apprécie la construction, mais qui trouvent une place différente dans notre parcours de lectrice. Plus grand que le ciel de Virginie Grimaldi fait partie de ceux-là pour moi. Une lecture facile à suivre, qui nous ramène pourtant à des sujets lourds : la mort, l’absence et ce que l’on fait de sa vie lorsque quelqu’un y manque.
Dans ce roman, Virginie Grimaldi fait se rencontrer Elsa, conseillère funéraire qui vient de perdre son père, et Vincent, romancier qui porte une blessure plus secrète. Deux personnages dont les chemins se croisent dans la salle d’attente de leur psychiatre. Une rencontre qui ouvre la porte à une histoire sur les souvenirs, les liens et la difficulté d’avancer avec ce qui nous pèse.
Comme vous le savez maintenant, j’aime beaucoup les romans de Virginie Grimaldi. J’y retrouve cette manière d’aborder les émotions avec des mots accessibles et de laisser une place à l’humour au milieu des difficultés. Pour autant, aimer une écrivaine ne signifie pas que chacun de ses livres nous touche avec la même intensité. Celui-ci n’est pas mon préféré, mais ses 298 pages d’histoire se lisent facilement et j’ai apprécié de découvrir les deux regards qui le composent.
Elsa et Vincent se retrouvent chaque semaine dans ce lieu où l’on attend son tour tout en gardant souvent ses préoccupations pour soi. Ils arrivent avec des vies différentes et des raisons personnelles d’être là. Au fil de leurs échanges, leur rendez-vous prend une autre dimension : ils commencent à découvrir la personne assise en face d’eux, au-delà de ce qu’elle laisse paraître. Je vous laisse découvrir jusqu’où cette rencontre les conduira.
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est le choix de nommer les chapitres d’après les personnages. Cela peut sembler être un détail, mais je l’ai trouvé très pratique en lecture. On sait immédiatement qui prend la parole et dans quel point de vue on entre. Lorsque l’on reprend son livre après une pause, ces repères permettent aussi de retrouver facilement le fil.
L’alternance entre Elsa et Vincent est intéressante parce qu’elle nous donne accès à deux façons de vivre et de comprendre ce qui se passe. Chacun raconte depuis sa propre histoire, avec ce qu’il ressent et ce qu’il connaît de l’autre. Le lecteur peut ainsi rapprocher leurs perceptions, observer leurs différences et découvrir progressivement ce qui se cache derrière leurs réactions. J’ai trouvé que cette construction donnait de l’intérêt à la lecture sans la compliquer.
De nouveau, la mort occupe une place dans un roman de Virginie Grimaldi. À travers le deuil, l’histoire pose cette question difficile : comment continuer lorsque le quotidien a changé et que l’absence s’y est installée ? Ce sont des thèmes qui donnent du poids à une lecture pourtant fluide. Les pages avancent facilement, mais les sujets qu’elles abordent peuvent nous retenir plus longtemps.
J’y vois aussi une réflexion sur ce que l’on perçoit des autres. Une rencontre commence souvent avec peu d’informations : quelques paroles, une attitude, une impression. Les deux points de vue invitent à aller plus loin et à prendre le temps de comprendre. C’est l’un des intérêts de cette histoire pour moi : pouvoir découvrir deux personnes de l’intérieur, au lieu de rester uniquement dans le regard que l’une porte sur l’autre.
La facilité de lecture reste l’un des points que je retiens. Il n’est pas nécessaire de lutter pour entrer dans l’histoire ou de revenir sans cesse en arrière pour se repérer. La construction accompagne le lecteur, et l’écriture permet d’aborder des émotions difficiles sans rendre le récit pesant à suivre.
En refermant Plus grand que le ciel, je garde donc un avis positif, même s’il n’occupe pas la première place parmi mes romans de Virginie Grimaldi. J’ai apprécié ses deux points de vue et les repères offerts par les chapitres. Je le conseillerais à celles et ceux qui aiment les histoires de rencontres et qui souhaitent lire autour du deuil, de l’absence et des liens qui peuvent se construire alors que l’on traverse une période difficile.
L’ordonnance
Pour accompagner Plus grand que le ciel, je vous prescris :
Une tasse de chocolat chaud fait maison avec du bon chocolat suisse que vous trouverez à la Migros.
Un carnet et un stylo, pour déposer un souvenir, quelques mots ou une pensée que la lecture fait remonter.
Une promenade à ciel ouvert, pour prolonger ce moment, regarder autour de soi et laisser les émotions trouver leur place.
À prescrire lorsque : Une personne vous manque, que vous cherchez comment avancer après une perte ou que vous vous sentez seul avec ce que vous traversez. Pour celles et ceux qui ont envie d’une histoire à deux voix, où la rencontre permet de découvrir ce que l’autre porte derrière les apparences.
Précision importante : cet article n’est pas sponsorisé. Le livre et les produits mentionnés ont été achetés par mes soins.
Lien pour le livre : https://virginiegrimaldi.com/

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